Il est clair que nous ne partageons pas "toujours" la ligne éditoriale de Paris Normandie. Le quotidien a pu adopter, notamment dans les périodes électorales, des positions qui, n’étant probablement pas celles qu’aurait spontanément choisies l’ensemble de sa rédaction, semblaient davantage dictées par sa direction. Billets et éditoriaux ont pu pencher en faveur de candidats, de forces ou de décisions éloignés de nos valeurs et de nos engagements, pour ne pas dire contraires. Certains articles ou interviews ont, pour les mêmes raisons, semblé ne devoir rien au hasard et, encore moins, aux nécessités ou au sens de l’actualité.
Mais alors qu’on annonce le dépôt de bilan du titre, les forces de Gauche, singulièrement le Parti Socialiste, savent qu’une partie de leur combat est née avec la défense de la presse et en reste indissociable. A quoi servirait de se prononcer pour la liberté d’expression, de conscience, d’opinion à travers le monde, si celle-ci avait de moins en moins d’endroits pour exister dans notre propre pays. Derrière la Une d’un journal, il y a des femmes et des hommes, compétents, passionnés, talentueux, qui travaillent. Aujourd’hui ils sont légitimement dans l’inquiétude. Notre solidarité avec les 365 salariés, dont les 114 journalistes, de Paris Normandie est donc entière. Elle est évidente. Elle est normale.
Les difficultés de Paris Normandie sont en effet une mauvaise nouvelle pour tous les Haut-Normands et les Eurois. Elles sont lourdes. Elles ne doivent pas être insurmontables. L’effet de la mauvaise gestion du Groupe Hersant, qui frappe des salariés, pénalise des lecteurs, ne peut conduire le quotidien au charnier. Le Groupe, dans nos départements, grâce aux différentes éditions de Paris Normandie, grâce aux équipes du Havre Libre, du Havre-Presse, du Progrès de Fécamp, grâce aux rédactions décentralisées, à son réseau de correspondants, est aussi un trait d’union pour ses lecteurs et, au-delà, pour les habitants de notre territoire. Enquêtes et nouvelles renseignent, informent, éclairent. C’est un élément humain, rapide, essentiel au débat. C’est une parole de proximité. Un journal républicain est un instrument de la vie politique. Il porte en lui une part de la démocratie. C’est un miroir tendu vers les gens, les entreprises, les associations. Il ne doit pas disparaître.
Comme notre candidat François Hollande qui a signé la pétition pour sauver Paris Normandie lors de sa venue sur le site de M’Real, le 15 février dernier, les socialistes eurois, qui seront présents au meeting de solidarité ce vendredi 24 février, à 12h00, dans les locaux de Déville-lès-Rouen, apportent leur soutien inconditionnel aux salariés mobilisés pour la pérennité d’un journal dont notre région, pour son identité, pour sa visibilité, a besoin.
Marc-Antoine JAMET
Premier secrétaire fédéral du parti socialiste de l’Eure














